pêche cotière au sénégal, les travaux de l’iRD

 

Un phénomène océanique singulier est à l’origine de la richesse des eaux côtières du Sénégal, selon une récente étude. Les recherches sur les mécanismes océaniques et atmosphériques impliqués fournissent les connaissances pour une gestion durable de cette ressource indispensable à la sécurité alimentaire sénégalaise.

Le phénomène d’upwelling à l’œuvre sur le littoral méridional du Sénégal, récemment mis à jour, bouscule les théories communes sur le sujet. Ce courant côtier, issu de forces océaniques et atmosphériques, est même tout à fait atypique. « Ses caractéristiques bien particulières en font un précieux allié pour les artisans pêcheurs sénégalais exploitant les eaux côtières », explique l’écologue marin Patrice Brehmer de l’IRD. Avec des spécialistes de l’océanographie physique, il vient de lui consacrer une étude 1 mêlant modélisation informatique et campagnes océanographiques 2.

 

Le phénomène d’upwelling touche de nombreux littoraux sur tous les continents. Il est principalement lié aux vents côtiers contribuant à pousser l’eau de surface vers le large. Par effet de conservation du volume, celle-ci est logiquement remplacée par de l’eau venue des profondeurs, plus froide et riche en nutriments. « Ce puissant tapis roulant océanique favorise l’enrichissement des milieux côtiers mais aussi hauturiers, puisque l’eau remontée des fonds est à son tour repoussée vers le large », indique l’océanographe physicien Siny Ndoye, premier auteur de l’étude. De fait, les upwellings alimentent la chaîne trophique de zones particulièrement riches, comme celle située au large du Pérou, qui est la plus poissonneuse au monde.

« Nos travaux de modélisation de l’upwelling sud-sénégalais ont montré que les remontées d’eau sont d’assez faible intensité et très localisées sur une zone limitée », confirme son collègue Xavier Capet. Ces particularités tiennent à la topographie des lieux, avec une ligne de côte coupée par l’imposante presqu’île du Cap-Vert 3, et aux conditions climatiques propres à l’Afrique de l’Ouest. Paradoxalement, la puissance limitée de cet upwelling s’avère très profitable pour les espèces vivant près du littoral. « Si l’enrichissement du milieu reste modéré, la rétention côtière est importante, explique ainsi Xavier Capet. A la faible intensité du phénomène correspond en effet un transport assez limité vers le large ».

Concrètement, l’eau froide et les nutriments sont peu repoussés en haute mer et se répartissent le long de la côte à partir du point de remontée. La production primaire issue de cet apport en nutriments profite ainsi à toute la faune marine côtière. « La Petite-Côte, située entre le sud de Dakar et l’estuaire de la Gambie, est une zone de pêche importante, à la fois pour l’activité des artisans sénégalais et pour la sécurité alimentaire du pays. Les nouvelles connaissances, acquises avec cette étude de l’upwelling local au sud du Sénégal, permettront de mieux gérer le milieu et ses ressources », précise Patrice Brehmer. Les recherches sur les océans, sur leurs interactions avec l’atmosphère, sur la faune marine restent autant de priorités essentielles pour accéder aux Objectifs du développement durable.

Conférence des Nations Unies sur la mise en œuvre de l’ODD N°14

L’Objectif de Développement Durable 14 vise à « conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers, et les ressources marines aux fins de développement durable ». Cette réunion de la communauté internationale qui s’est tenue du 5 au 9 juin à New York fait suite celle qui s’est tenue à l’ONU du 26 août au 6 septembre 2016 afin de « jeter les bases d’un accord sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité dans les zones situées au-delà de la juridiction nationale (ZAJN) ». « Nous sommes passés d’un âge d’or, celle de la création d’un cadre juridique, à un âge ingrat, celui de la mise en œuvre » disait récemment Julien de Rochette, coordinateur du programme océans à l’Iddri, lors d’un débat sur la gouvernance des océans. Pour cet expert, la rationalisation est illusoire, il faut accepter la complexité de l’océan qui est inhérente à son histoire. Mais il faut renforcer les organisations existantes qui n’ont pas assez de moyens, et promouvoir la coopération et la coordination entre les différentes organisations. La Conférence devrait aboutir à un « Appel à l’action » listant un certain nombre d’engagements.

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