Jusqu’où peuvent aller les lanceurs d’alerte ?

Pourquoi les militants de Greenpeace ont-ils été sévèrement condamnés pour leur intrusion dans une centrale nucléaire ? Les lanceurs d’alerte doivent-ils être plus encadrés ? Sont-ils aujourd’hui moins protégés ? Actu-Environnement vous apporte des éléments de réponse dans son nouveau débat vidéo.

Plateau-TV  |  Gouvernance  |  06 avril 2018  |  Marie Jo Sader

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« C’est la première fois dans l’histoire de Greenpeace France que des militants sont condamnés à de la prison ferme ». Jean-François Julliard, représentant de l’ONG en France, est sous le choc. En effet, la peine est lourde pour les activistes qui se sont introduits le 12 octobre 2017 dans la centrale nucléaire de Cattenom en Moselle pour démontrer la vulnérabilité des bâtiments avec piscine où la radioactivité est la plus forte. Le 27 février dernier, le tribunal correctionnel de Thionville a condamné à 5 mois de prison avec sursis six des huit militants tandis que les deux autres ont écopé de deux mois de prison ferme. L’ONG devra aussi verser 20.000 euros d’amende et 50.000 euros de dédommagement à EDF pour préjudice moral.

Pourquoi une telle condamnation ? En 2015, une loi sanctionnant lourdement l’intrusion dans les sites nucléaires a été votée à la quasi unanimité par les parlementaires français. Claude de Ganay, député Les Républicains, est à l’origine de cette législation qualifiée d’anti Greenpeace en référence aux nombreuses opérations menées par l’ONG au sein d’installations nucléaires pour dénoncer des failles de sécurité. Pour cette nouvelle émission, Marie Jo Sader a choisi de confronter le député à Marie-Christine Blandin, ancienne sénatrice écologiste. Elle est à l’initiative de la loi de 2013 sur la protection des lanceurs d’alerte qui a depuis été modifiée suite à la loi Sapin 2 fin 2016. L’ex politicienne dénonce depuis une « démolition » de l’alerte en matière de santé et d’environnement et un grand recul de la marge de manœuvre des lanceurs d’alerte et de leur protection au sein de notre société.

Le droit de révéler une vérité et de mettre hors de nuire un industriel, une personnalité ou un gouvernent est-il menacé en France ? La question se pose, d’autant qu’une nouvelle loi sur la protection du « secret des affaires » est en cours d’étude à l’Assemblée. L’objectif de ce texte serait de protéger les entreprises du pillage industriel et de l’espionnage économique mais une grande partie de la gauche, des associations et des journalistes décrient une entrave à la liberté d’informer.

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michèle Rivasi