les collectes de glace se poursuivent (IRD)

 

Glacier de l’Illimani : 18 000 ans d’archives climatiques

Culminant à plus de 6 400 mètres d’altitude, le glacier de l’Illimani se situe juste au-dessus de la capitale bolivienne, La Paz, à la frontière entre le bassin humide amazonien et le plateau aride bolivien. Suite à un premier forage profond réalisé en 1999, il apparaît que ce site enregistre une multitude d’informations de sources différentes : évolution des précipitations, feux de végétation (côté amazonien), émissions de polluants d’origine humaine, pollution urbaine (côté « Altiplano »). Avec 140 mètres de profondeur et un écoulement réduit du glacier, le site préserve jusqu’à 18 000 ans d’archives climatiques et environnementales. Son étude permet ainsi de reconstituer le passé de cet environnement, de la dernière glaciation à nos jours.

 

Un carottage périlleux

Depuis fin avril, l’équipe internationale (France, Bolivie, Russie, Brésil) de 15 chercheurs est arrivée en Bolivie et s’acclimate. L’altitude élevée du glacier constitue en effet la principale difficulté de l’expédition et du forage : le transport du matériel (carottier, 75 caisses isothermes, matériel de campement…) par hélicoptère au sommet de l’Illimani étant impossible, il sera donc acheminé grâce à l’équipe de guides et porteurs boliviens.

Pour faire face aux difficultés physiologiques liées à l’altitude, deux groupes de chercheurs se relayeront pendant un mois entre le camp de base (4 500 mètres) et le sommet de l’Illimani. Leur objectif : réaliser des forages sur le glacier, jusqu’au socle rocheux, afin d’extraire trois carottes de glace d’environ 150 mètres chacune. Ces « carottes patrimoine » seront ensuite transportées de nuit et à dos d’hommes jusqu’au camp de base, puis par camion frigorifique jusqu’à La Paz et stockées au fur et à mesure dans un conteneur réfrigéré.

A l’issue de l’expédition, le conteneur sera acheminé sur la côte chilienne par camion, puis par bateau jusqu’au Havre, avant de rejoindre enfin Grenoble. Une fois en France, l’une des carottes  sera  analysée au laboratoire de l’Institut des Géosciences de l’environnement (IGE) en 2019, pour  identifier tous les traceurs chimiques accessibles avec les technologies d’aujourd’hui et constituer ainsi une base de données disponible pour l’ensemble de la communauté scientifique mondiale actuelle et future.

Les deux autres carottes, comme celles prélevées lors de la première expédition au col du Dôme en 2016 (Mont-Blanc, France), gagneront la base franco-italienne Concordia, en Antarctique, à partir de 2020 environ. Ces carottes alimenteront la première bibliothèque mondiale d’archives glaciaires issues de glaciers menacés par le réchauffement climatique.

 

Suivez l’expédition !

Acheminement du matériel au sommet, installation du campement, forage, découpe et descente des carottes de glace, vie de l’équipe : du 22 mai au 18 juin, suivez les différentes étapes de l’expédition sur le compte Facebook @ProtectingIceMemory.

Des photographies et vidéos seront également disponibles sur la plateforme http://fuga-media-stock.univ-grenoble-alpes.fr/  à partir du 18 mai.

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