Les antilles, nouvelles côtes d e la mer des Sargasses?

Nous avons tous entendu parler de la mer des Sargasses et du triangle des Bermudes . Seule mer au monde sans côtes, c’est une sorte de région mythique déjà décrite par Christophe Colomb, que notre imaginaire a transformé en une sorte d’immense bouilloire dans laquelle macéreraient de longues algues gluantes, berçant le mystère de la reproduction des anguilles…Voilà que pour nombre d’entre nous la mer des sargasses devient réalité car elle se concrétise et risque d’avoir trouvé ses côtes pour longtemps…

 

Cela commence par de grandes trainées brunes aperçues depuis nos hublots à l’atterrissage en Guadeloupe ou en Martinique. Qui n’est pas initié, peste alors contre un de ces dégazages sauvages qui vient zébrer le bleu du lagon. Mais c’est de toute autre chose qu’il s’agit.

Les départements d’outremers antillais sont entrain de vivre la galère des côtes bretonnes ; leurs rivages sont envahis par les algues. Les préfets de Martinique et de Guadeloupe s’alarment car les algues comme les ulves vertes bretonnes dégagent de dangereux gaz toxiques pour l’homme et leur odeur est désagréable.

Les premières alertes se sont manifestées en 2011, mais en ce printemps 2015 c’est la mobilisation générale.

D’abord la Martinique fût touchée. Il a fallu faire appel à l’armée pour ramasser des tonnes de ces algues brunes. Aujourd’hui, à Sainte Anne, sur le bord de plage, il reste quelques petits tas qui déçoivent le preneur d’images. L’armée a fait son travail.

En Guadeloupe, en ce début Mai, tout le littoral exposé aux courants est désormais submergé, notamment la partie maritime de Pointe-à-Pitre,  où le phénomène est particulièrement conséquent. France Antilles révélait le 4 mai, que deux sociétés— ELG d’un côté, TSA Sogetras de l’autre — s’attaquent au problème : « Sur la plage de Saint-Félix, au Gosier, la société ELG, dirigée par Jean-Michel Latchan, a démontré l’efficacité de sa nettoyeuse de plage. Parfaitement conçu à cet effet, l’engin présente l’avantage de ne prélever que les sargasses et de laisser le sable en place. Seul problème : il n’y en a qu’un seul exemplaire en Guadeloupe. À Lauricisque, à Pointe-à-Pitre, en une petite matinée, la société Sogetras, spécialisée, entre autres, dans les travaux sous-marins, a débarrassé le port des algues qui l’encombraient. Un filet de pêche, des scaphandriers et des pêcheurs, c’est tout ce qui a été nécessaire ». Tandis que certains maires réclament le classement en catastrophe naturelle, chacun y va donc de son système D.

On sait désormais qu’il ne s’agit pas d’un événement ponctuel et qu’il va falloir y réfléchir pour longtemps.

Alain PIBOT, responsable au Conservatoire du littoral des Rivages Français des Amériques est formel. « Nous avons d’abord cru à un bloom, mais il est évident que le phénomène s’installe et nous ne savons pas exactement encore pourquoi ? Tous les chercheurs sont mobilisés. »

Peut on y voir les premières conséquences du réchauffement climatique ?

Tous les climatologues engagés dans ces recherches nous l’avaient prédit : « quand la fonte des glaciers modifiera le Gulf Stream nous ne serons pas au bout de nos surprises » Or la mer des sargasses, zone de l’atlantique nord est bordée par le Gulf Stream .

Comment faire pour que le fléau se révèle être un don du ciel ?

Imaginons qu’il soit possible demain d’en faire un carburant . Pouvoir récupérer de la biomasse sans emprunter au détriment de l’alimentaire  sur les sols! «  la première chose à faire sera déjà de la récupérer sans sable et de savoir la sécher » déclare le directeur de l’ADEME de Martinique qui vient de lancer un Appel à manifestation d’intérêt (AMI) de collecte et de valorisation en partenariat avec la DAAF, la DEAL, la Région Martinique, le Conseil Général, et la Préfecture de Martinique : http://www.martinique.ademe.fr/actualite/toute-lactu#actu-744 (voir aussi cet article sur métamorphose outremers.com)

Dominique Martin ferrari

Ségolène Royal annonce un plan d’action pour lutter contre les sargasses dans les Antilles
Les côtes des Antilles, notamment la Martinique et la Guadeloupe subissent d’importants échouages de sargasses (macro-algues brunes). Une estimation récente faisait état de près de180 hectares de sargasses le long des côtes antillaises soit un tonnage de 60 000 tonnes de matières sèches. Pour lutter contre ce phénomène naturel qui génère des nuisances et menace l’économie des Antilles, Ségolène Royal annonce un plan d’action en trois volets :1) Améliorer la connaissance pour anticiper et agir à la source La Ministre de l’Écologie a chargé le centre de ressources du protocole SPAW (protocole sur les aires protégées dont le centre de ressources est basé en Guadeloupe) d’un travail sur la connaissance des origines, des impacts et des moyens de contrôles des algues brunes. Les échouages massifs ne sont pas attribués à la Mer des Sargasses, située dans l’Atlantique Nord, mais plutôt à l’apparition de nouveaux sites de prolifération (présence de nutriments, de températures élevées et de courants). Le caractère nouveau du phénomène pourrait être associé à de plus grandes fluctuations de la dynamique des écosystèmes régionaux, notamment en lien avec le dérèglement climatique. Certains éléments bibliographiques avancent un impact lié à la disparition de la mangrove dans les grands estuaires. L’analyse d’images satellites a montré l’existence d’une nouvelle zone d’accumulation des sargasses située au nord du Brésil dans l’océan atlantique central.

2) Soutenir l’effort des collectivités pour ramasser les sargasses et nettoyer le littoral                     – Des « brigades vertes » constituées d’emplois soutenus par l’État seront constituées pour aider les collectivités au ramassage des sargasses. L’ADEME financera 50 % du reste à charge de ces emplois aidés, soit un soutien de l’État de l’ordre de 250 000 euros par an pour une brigade de 50 emplois d’avenir – Les missions de ces brigades vertes seront élargies aux autres enjeux environnementaux et énergétiques de l’île (rénovation thermique de l’habitat, gestion des véhicules hors d’usage, entretien des cours d’eau, etc.).

3) Mettre en place les infrastructures de gestion et de valorisation des sargasses                           Un appel à projets a été lancé par l’ADEME en Martinique pour une meilleure gestion des crises futures grâce au développement de techniques innovantes. Il s’agit à la fois de trouver des techniques innovantes de ramassages, et d’en gérer l’élimination. La valorisation de sargasses ramassées peut être l’épandage agricole (apport de potasse pour la canne à sucre). D’autres usages doivent être étudiés comme la transformation en charbon actif ou en bio plastique. Les lauréats de cet appel, doté d’un budget d’1,5 millions d’euros, seront désignés avant la fin du mois de mai.Ségolène Royal annonce que cet appel d’offres sera complété par un soutien supplémentaire de 800 000 euros ciblé sur la Guadeloupe.

L’ADEME soutient également, techniquement et financièrement, la création de plateformes de compostage locales, ou de tout autre projet susceptible de les valoriser, dans le cadre de ses systèmes d’aide en vigueur.

Un projet privé de valorisation par compostage incluant une collecte en mer a été soutenu en Guadeloupe, par l’acquisition d’un bateau de ramassage des sargasses à proximité des côtes. Ce premier bateau sera livré avant l’été

 

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