le marché carbone , on en parle mais….

À la COP23, le marché du carbone retrouve la cote Par :  Aline Robert |  EURACTIV.fr

Le gouverneur de Californie, Jerry Brown, serrant la main de Miguel Arias Canete, devant le représentant chinois, Zhenhua Xie

Si l’UE a essuyé les plâtres et affronté des monceaux du problème avec son marché du carbone, il est temps d’en récolter les fruits. À la COP23, à Bonn, le représentant spécial de la Chine sur les enjeux climatiques, M. Zhenhua Xie, a de facto salué l’UE en soulignant que la Chine s’en inspirait pour son marché unique du carbone – qui ne saurait tarder.

Annoncé pour 2017, la généralisation de la contrainte carbone à l’ensemble de l’Empire du Milieu est encore en train d’être peaufiné à partir des 7 marchés du carbone existants.

Une petite victoire diplomatique qui montre que, de guerre lasse, et malgré les polémiques l’exemple européen fait tâche d’huile.

« Le marché du carbone est la colonne vertébrale de la politique climat de l’UE, et concerne maintenant 32 pays » a rappelé Jos Delbeke, directeur général à la DG Climat de la Commission européenne. La Suisse, en plus du Lichtenstein, de la Norvège et de l’Islande, ont en effet rejoint les 28. Après des centaines d’heures de négociation, Conseil, Commission et Parlement européen sont parvenus à un accord en trilogue la semaine dernière pour réformer l’EUTS à partir de 2020.

Un toilettage visant à resserrer les boulons : il y aura moins de quotas au global, le rythme de réduction passant de -1,7 actuellement à -2,2 % par an, et une partie des quotas sera mise au placard pour favoriser la hausse des prix.

« Ce qui est important, c’est que les émissions maximales autorisées à l’industrie reculent : on est parti de 2,2 milliards de tonnes de CO2 par an en 2005 et on vise 1,3 milliards de tonnes de CO2 en 2029. C’est ce recul qui est crucial, plus que le prix » assure Jos Delbeke

Le sujet a d’ailleurs fait émerger un terrain de coopération entre l’UE , la Chine et la Californie, célébrée lors d’un évènement commun à la COP. Une façon de souligner la ligue des valeureux combattants du changement climatique, comme la France l’a déjà fait en n’invitant pas le président Trump à son sommet du 12 décembre à Paris.

Un sommet climat à Paris en décembre pour compenser le manque d’ambition européenne

Le sommet français destiné à remobiliser sur le climat deux ans jour pour jour après la COP21 prend peu à peu forme. Finance verte et engouement de la société civile risquent néanmoins d’en faire un marché de Noël du greenwashing.

Mais en Chine, la fusion des marchés du carbone n’est pas encore prête. « Il faut que le système d’échange de quotas respecte l’équité » a insisté le ministre Xie.

Une notion très subjective, que l’UE traduit par des quotas gratuits : les entreprises confrontées à la concurrence internationale ne paient pas leur quotas pour éviter une perte de compétitivité trop forte. Or si les marchés du carbone étaient généralisés, l’efficacité du système serait meilleures et les quotas gratuits inutiles. Pour l’UE, cette accélération dans la coopération est donc cruciale.

« Nous sommes ouverts à ouvrir le club du marché du carbone à plus d’acteurs. Pour celà le sommet à Paris du 12 décembre sera important », assure Jos Delbeke, qui salue le fait que la part des émissions couvertes par de la population concernée par un marché du carbone passe de 15 à 25 % avec la généralisation du marché du carbone en Chine.

En Californie, le récent marché du carbone lancé en 2011 progresse rapidement. « On vise un recul de 40 % des émissions en 2030. Nous sommes la 6eme économie mondiale, avec seulement 60 millions d’habitants, mais on montre que l’on peut appuyer une transition énergétique sur le marché du carbone » assure Matt Rodriquez, secrétaire de l’agence de protection de l’environnement en Californie (EPA).

L’UE et la Californie ont entamé des discussions qui pourraient mener à la création d’un marché du carbone commun. Celui-ci pourrait même inclure la Chine.

Pour les ONG, ces marchés du carbone pêchent néanmoins pour de nombreuses raisons, parfois idéologiques, mais surtout en raison de leur efficacité mesurée : la faiblesse des prix de la tonne de CO2 en font un échec patent pour une majorité d’observateurs. En Europe, le prix actuel du CO2, soit 7 euros par tonne, ne permet pas d’inciter une transition écologique rapide, par exemple en passant du charbon au gaz.

Marchés du carbone, des machines à cash

En revanche, l’acceptabilité des marchés du carbone est en train de progresser, notamment en raison de leur impact positif sur le financement de la transition énergétique.

En Europe, le marché du carbone a permis de récolter 26 milliards d’euros en 2015, et 22 en 2016, qui sont souvent réinvestis dans la transition énergétique. Des montants qui sont attendus en forte hausse à partir de 2020, puisque le prix du carbone devrait évoluer entre 20 et 30 euros par tonne sur la prochaine période de contrainte.

Selon la structure de conseil Ecofys, ces réinvestissements peuvent générer des économies de CO2 supplémentaires, surtout s’ils sont pour financer R&D, innovation, et des secteurs non couverts par la contrainte carbone qui bénéficient de subventions pour se transformer.

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