le débat énergie fait pschit! par D. Martin ferrari

Depuis quelques semaines, l’atmosphère avait changé  et le départ de Delphine Batho était de très mauvais augure. Pour nombre d’ observateurs , le débat national énergie prenait une mauvaise orientation. La réunion du 18 Juillet aura marqué ce qui sera sans doute un échec renouvelé en terme de débat énergie en France. Nous partageons donc les propos du RAC dont nous avons partagé les travaux durant ces huit derniers mois : « ces conclusions ne permettent pas, en l’état, de placer la France sur la voie de la transition énergétique. »

Mais soyons quelques instants optimistes :

– Huit mois de travail collectif , d’énergies partagées et de réflexions approfondies laisseront des traces. Il est indubitable que désormais  les arguments ont été entendus, que les régions et les citoyens ont compris l’importance de la réduction de consommation et connaissent désormais les termes d’un avenir problématique. Nous ne pourrons plus dire nous ne le savions pas.

– L’état va devoir faire face à des collectivités territoriales qui aujourd’hui remettent en question les coûts des approvisionnements et des distributions centralisées d’énergie qui leur sont imposés. De même que le débat sur la régie de l’eau se mène depuis de nombreuses années, il va désormais en être de même pour l’électricité. De nombreuses régions ou communes réfléchissent à leur autonomie et à d’autres intelligences financières.

Car le gros point noir des conclusions du débat est  qu’il n’a pas trouvé ses moyens financiers

– Ce débat a également permis de rappeler les engagements du Président de la République, de faire passer la part de l’électricité d’origine nucléaire de 75% à 50% en 2025, et de fermer la centrale de Fessenheim avant la fin de son quinquennat. Nous espérions plus et  il nous faudra rappeler sans cesse cet engagement, faire pression pour aller plus loin, ce que fait déjà le Président de la commission du développement durable à l’Assemblée Nationale, Jean-Paul Chanteguet « En Allemagne, le gouvernement a mis fin au nucléaire, non parce que les centrales n’y sont pas sûres au regard des standards internationaux, mais parce que l’ampleur des effets d’un accident est telle que cette technologie ne peut être justifiée. Une dizaine de pays européens sont aujourd’hui sur cette position. Si cela ne crée aucune obligation pour la France, cela justifie en tout cas, que les avantages du nucléaire soient publiquement mis en balance avec les risques et les solutions de remplacement. »La loi dira-t – elle comment parviendra t-on à la réduction de la part de l’électricité nucléaire à l’horizon 2025 en proposant un calendrier de fermeture des réacteurs ? Dès aujourd’hui certains avancent la proposition d’une modification législative donnant à l’état la possibilité de fermeture d’une centrale en sus de l’avis de l’ASN.

– A mettre également au crédit du verre à moitié plein le dossier sur la rénovation énergétique. Le seul qui fasse à peu prés unanimité . Mais , il n’est qu’une pâle copie des conclusions du Grenelle, toujours non appliquées . Si on voulait résumer : on prend les mêmes engagements mais on prolonge les délais de mise en œuvre. Et par ailleurs nous n’avons pas réussi à intégrer la mise en garde contre une bataille de normes entre efficience énergétique et santé via la qualité d el’air intérieur.

Alors,  comment rester optimiste face à  a tant de négatif !

Pour la énième fois en France, ce débat fait pschitt au final à cause d’un violent lobby. » un travail de sape opéré du début à la fin par le MEDEF et certains syndicats comme force ouvrière », déplore Morgane Créach, RAC. On l’a vu sur des questions comme la division par deux de la consommation d’énergie finale à l’horizon 2050, la part croissante de la fiscalité écologique, l’élargissement de la CSPE à d’autres carburants et combustibles, ou encore la questions des subventions à la pollution (diesel, kérosène pour l’aviation…). Ces mêmes acteurs ont cherché à maintenir le statu quo à travers le débat, notamment en ce qui concerne la place du nucléaire dans le mix énergétique français, alors que l’engagement du Président de la République est de réduire sa part à 50% d’ici à 2025. Idem sur les gaz de schistes, pour lesquels le MEDEF n’a eu de cesse de vouloir rouvrir une porte, pourtant fermée depuis 2011. » Le débat n’est donc pas clos : en Septembre nous connaîtrons les termes du projet de loi , en décembre se tiendra la conférence environnementale et la France doit  préparer l’échéance 2015 qui reste un enjeu capital en regard de ses engagements européens.Enfin, le 23 Juillet prochain et à l’automne , la question des subventions climaticides sera à l’ordre du jour des débats européens.

 

 

 

 

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