France Nature Environnement planchait ce week end à Montpellier sur le réchauffement climatique et le littoral

Outre le rendez vous Alternatibat, la mairie de Montpellier appuyait les 26 et 27 Septembre , la 7° fête de la biodiversité organisée par France Nature Environnement sur le thème « Méditerrannée, eau et littoral, refaisons le climat ».

De nombreuses associations avaient dressé leurs tentes sur l’espace Jacques cœur au bord du Lez et dans le nouveau quartier qui prolonge Port Marianne « il y a cinq ans encore , ici, il y avait des buissons , des cannes… » Aujourd’hui, s’y élève une nouvelle génération d’immeubles collectifs accordant une grande place aux terrasses et à la lumière, une pelouse bordée d’un étang policé de biodiversité urbaine, que les canards colvert se sont déjà appropriés.

Toute l’histoire environnementale de Montpellier se lit sur ce site : 100.000 nouveaux habitants accueillis en dix ans et tous les ans une ville de 10.000 habitants voit le jour dans une région très fragilisée par le dérèglement climatique, qu’il s’agisse de l’accès à la ressource en eau, des risques de submersion, ou d’inondations.

Les événements extrêmes de l’automne 2014 dans la région, confirment que le réchauffement est à l’œuvre. On connaît bien sûr ici les terribles crues cévenoles: il peut tomber en un jour l’équivalent d’une année de pluie à Paris…. Elles ne sont peut être pas plus nombreuses mais beaucoup plus virulentes . S’ajoute à ce phénomène, les épisodes méditerrannèens. « Hot spot » du réchauffement, la Méditerranée, en s’évaporant de plus en plus, joue un rôle majeur dès les premiers rafraîchissements.

A quelques semaines de la COP 21, on a davantage parlé d’adaptation que d’atténuation.

Même si les enjeux politiques de Décembre n‘échappent à personne, on sent que l’atténuation ne sera pas demain au rendez vous, et le retard pris par l’adaptation commence à paniquer certains .Pour les spécialistes, il faudrait s’adapter rapidement. Laurent Boissier , membre du groupe d’assurance GENERALI, rappelant avec plaisir qu’il était aussi géographe, dans « cette nouvelle équipe pluridisciplinaire incluant statisticiens, géographes, climatologues, etc. pour avoir une vision au plus près de l’assuré », a insisté sur la vulnérabilité de la région qui compte 200 décès dus aux inondations entre 2008 et 2011.

En Languedoc Roussillon plus de 300.000 personnes sont déjà soumises à risque d’inondation fort à très fort et le niveau de la Méditerranée pourrait augmenter d’un mètre en un siècle avec quelque 100 000 logements concernés dans la région. C’est considérable, confie Laurent Boissier. « Mais on ne sait pas l’impact que cela peut avoir localement ni la fréquence des événements de plus en plus extrêmes. Ni quelles seront les surfaces touchées ; quel accompa-gnement et quelles préventions et assistance on peut imaginer. On est devant un ensemble de défis qu’il faut affronter tous ensemble ».

Sous une avalanche de chiffres censée nous faire toucher du doigt les efforts du Conservatoire du littoral, Matthieu Delabie nouveau délégué régional , ne fût pas plus optimiste : La pression touristique va s’accentuer sur ces zones fragiles et le Conservatoire n’aura pas les moyens d’acheter tout ce qu’il faut protéger. Aussi , il faut compter sur la préservation des zones humides et des pratiques agricoles liées. Préservation qui va se renforcer, grâce au projet ADAPTO rassemblant des retours d’expérience de toute la France. Notons que 15 000 hectares qui étaient voués à l’aménagement ont été protégés en 40 ans.

Le SDAGE en cours de reprise est directement touché par ces débats.

Laurent Roy directeur général de l’agence de l’eau a insisté sur les économies d’eau, la lutte contre les fuites. Mais sur les questions  d’aménagement du territoire , les conflits explosent. Certes, il est écrit qu’il faut retenir l’eau en amont, donner plus de champ aux rivières pour qu’elles puissent s’étendre, rééquilibrer l’imperméabilisation et la désimperméabilisation. Mais en fait « si l’on détruit quelques hectares de béton aux Fenouillets, on prévoit des centaines d’hectares en future urbanisation pour les quartiers ode et oz, sans compter un immense projet de complexe commercial » rappelle un adhérent FNE

Le plus grave sans doute reste l’indifférence ou l’irresponsabilité « on continue à vendre et à construire des maisons pieds dans l’eau. «

Quand il y a un pépin, élus et habitants crient à la catastrophe naturelle, mais une catastrophe naturelle qui se répète tous les ans devient une habitude . Si l’on veut sauver la loi catastrophe naturelle des tempêtes et inondations à répétition, il faut un vrai débat de société.

En soirée , La France, l’Italie, le Maroc, la Tunisie et l’Albanie ont discuté des efforts qu’ils sont entrain de coordonner au sein de l’Alliance associative pour la Méditerrannée durable et solidaire : Soumis aux mêmes contraintes touristiques et urbanistiques sur leur littoral, aux mêmes menaces , aux mêmes risques, ces pays voisins comptent s’entraider en échangeant leurs savoir faire, et en mariant les cultures traditionnelles de la mer aux technologies modernes.

Demain la COP 22 se tiendra à Marrakech et déjà les liens se tissent.

Dominique Martin Ferrari

 

 

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