Deuxiéme analyse Options Futurs de l’article 10 du projet de loi TE sur les véhicules électriques

Dans la présentation de l’article 10 par Ségolène Royal on découvre la voie ouverte à la promotion du véhicule électrique . ( On sait à quel point elle a misé sur ce secteur en tant que Présidente de région !)
Dans le projet, l’article 10 permettrait d’autoriser la circulation de ces véhicules dans les voies réservées aux transports publics. Il engage les propriétaires des réseaux de distribution d’électricité, les collectivités à participer au déploiement des bornes de recharge (ce qui est déjà prévu dans une loi en cours d’adoption). Enfin, Ségolène Royal propose, en cumulant le bonus automobile et une prime à la casse pour les voitures Diesel, de porter à 10 000 euros le montant de l’aide à l’achat d’une voiture électrique.
Ce matin l’association Global Chance, avec Benjamin Dessus, Michel Colombier et Andreas Rüdinger, présentait son numéro 35 « autour de la transition énergétique, questions et débats d’actualité » Passionnant !
Une initiative qui a permis d’éclairer nombre de points du projet LTE. Nous reviendrons ultérieurement sur d’autres analyses ponctuelles, mais dans cet article nous nous attacherons uniquement à la réponse donnée à notre question : « comment concilier l’encouragement au véhicule électrique aux nécessaires critères d’efficience induits par les engagements de réduction annoncés. »
Benjamin Dessus répond d’abord par une histoire « je me suis amusé Il y a quelques années, participant au concert des vieilles charrues en Bretagne à imaginer qu’1% des participants avait un véhicule électrique. On imagine donc, à la fin du concert, au moment de repartir ils rechargent tous leur voiture. Dans ce cas , nucléaire ou pas la Bretagne plonge dans le noir, black out , grande panne. Plus sérieusement , grâce aux 10.000 euros de Ségolène , imaginons qu’on atteigne1M de véhicules qui rechargent forcément à l’heure du déjeuner, de l’apéro, de la pause : le réseau ne résiste pas »
Il ne s’agit donc pas de faire plaisir en annonçant ce type de mesures mais de voir ce qu’elles coûteront et ce qu’elles impliquent. Nourrir 1 millions de véhicules électriques suppose d’abord un coût très important : poursuivre le plan d’investissement en bornes (en cours) évalué pour 7M de bornes soit 140 milliards d’investissement . Où les trouvera t on ? S’ajoute à cela le différentiel induit sur la facture d’usage de l’essence . Si on atteint 7M de véhicules on perd 1/3 des véhicules à essence et donc 1/3 de la TIPP. Comment combler le déficit?
Le véhicule électrique n’est cependant pas à bannir .
Dans le scénarios de facteur 4 qui respecte consommation, production, efficience, il a sa place , mais à plusieurs conditions selon Michel Colombier (IDDRI) membre de Global Chance et auteur du chapitre « les chantiers de la transition »: « on ouvre les chantiers de l’innovation. Renault nous dit sur les dix ans qui viennent, on ne fait pas de production massive, nous avons besoin d’apprentissage. Le terrain actuel d’apprentissage c’est le secteur rural (ou les doms comme la Réunion évacué d’un revers alors que l’experimentation existe), En secteur rural, les gens garent et rechargent chez eux, les bornes sont inutiles. On pourrait également équiper le parc utilitaire urbain (Darty, poste…), mais là on se heurte à des normes européennes qui ne considèrent pas le parc utilitaire dans ses critères d’aide aux entreprises pour la réduction d’émission, réservés aux voitures particulières. »
En deux mots dit tel quel, le projet présenté par Ségolène Royal implique que la définition d’une stratégie de masse « mettre de l’électricité partout : transport, logement, gestion des données…) entraine le doublement du parc électrique. Ce qui est en complète contradiction avec les engagements pris et retenus.
Deux hypothèses : le plan tel que présenté est si incohérent qu’il conforte l’existant, où le débat sur la TE conforte durablement les engagements et corrige au fil du texte les propositions d’actions (à suivre)
On regrettera cependant que les autres trajectoires proposées au cours du débat national qui n’éliminaient pas le véhicule électrique mais l’intégraient dans les scénarios n’aient pas été retenues. Ces scénarios s’imposaient comme une réflexion sur les modèles de demain et impliquaient une réflexion sur l’aménagement du territoire, les plans d’urbanisme…Autant de critères évacués de la présentation du projet « écrit, résumé » ? par l’unique DGEC.
DMF

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