Assises de la mer : Sète 15 Juin/ gestion des pêches

Gestion des pêches en Languedoc Roussillon

Les chiffres sont accablants et rendent les pêcheurs inquiets pour leur avenir

La filière pêche a connu de profonds bouleversements ces dernières années : succession de plans de sortie de flotte (PSF), création d’aires marines protégées, quotas… Les stocks (poissons bleus ) se réduisant, l’activité de pêche s’est repliée vers la côte. Le nombre de pêcheur a été divisé par deux en dix ans, mais surtout on assiste à une évidente réduction des prises : 8000 tonnes pour l’ensemble des quatre criées régionales en 2017.

Des chiffres qui dressent encore dos à dos environnement et pêche malgré l’amélioration des échanges , les uns accusant la surpêche, les autres la pollution.

La faute à Bruxelles ?

C’est souvent ainsi que s’oriente la discussion quand on ne trouve pas de solutions. IL faut reconnaitre que la diversité des modes de pêche s’accorde mal avec le fonctionnalisme bruxellois sous lobby anglo saxons. Ici, il n’y a pas trois espèces à gérer mais environ 165.

Ainsi la menace d’interdiction européenne de la pêche au chalut par moins de 100m de fonds, reste mal vue sur les côtes basses languedociennes. Autre exemple, des patrons de pêche sont intéressés par la senne danoise adaptée au Golfe du Lion mais la décision reste bloquée du fait des conflits sur la façade atlantique.

Mais Bruxelles est aussi là pour aider. La représentante de la Commission l’a rappelé, invitant l’assemblée au colloque du 11 Juillet sur le plan pêche européen

Actuellement, se décline bassin par bassin, des plans de gestion dans le cadre du Conseil consultatif régional (CCR) Cinq CCR ont été constitués « ils arrivent un peu trop vite » souligne Frederic Guedar-Delahaye, directeur de la Direction des pêches maritimes et de l’Aquaculture. Un premier plan est sorti il y a deux ans, il fut retoqué par Bruxelles « pourtant il reprenait les préceptes de prudhommies . On croyait bien faire » Valerie Lainé, chef de l’unité gestion des pêches dans la mer Méditerranée et la mer Noire reconnaît que les choses avancent « Déjà Bruxelles reconnaît qu’ici on ne parle ni en tac ni en quota mais en type de pêche. Reste à faire reconnaître par l’UE que le pêcheur méditerranéen ne travaille pas au même rythme que le pêcheur de l’Atlantique qui suit les marées : inutile donc de fixer des plans en termes d’horaires , les durées de pêche maximales autorisées sont à revoir ».

Mais surtout les pêcheurs voudraient rendre responsable de la baisse des effectifs la pollution et non la surpêche. Au cours des assises afin de ne pas déplaire aux élus, la seule nuisance évoquée fût celle du plastique : un dossier consensuel, largemernt médiatisé, qui a de quoi mettre tout le monde d’accord. Mais une approche insuffisante.

Pour Bruxelles, les dossiers méditerranéens manquent de références scientifiques. Les espèces sont mal connues. Le merlu et le rouget sont ils réellement surpêchés ? « on ne peut attendre les résultats durant dix ans, la flottille ne s’en remettrait pas . Nous sommes tous responsables, agissons ensemble » rappelle FGD.

Alors, face à l’urbanisation galopante, à la pollution, aux dérèglements climatiques, les pêcheurs tentent de survivre. Pour l’instant ils se tournent vers l’aquaculture, la modernisation des méthodes d’élevage conchylicoles, travaillent avec le Gican « le chalutier du futur sera plus écologique et plus économique. Grâce aux nouvelles formations dans les lycées, le marin sera t il un ingénieur ? »Quant aux 11 prudhom-mies vieilles du 12° siècle, reposant sur le volontariat,on aimerait qu’elles  perdurent, continuent à faire le lien entre l’administration, les questions environnementales, à valoriser les métiers entre mer et étangs et aider les jeunes .

DMF

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