Assises de la mer : Sete 14 JUin

Donner un nouvel élan à l’économie marine

Le premier ressenti de cette rencontre est la volonté d’une réorganisation massive des ports du littoral, de Port la Nouvelle au Grau du Roi. Le tout balnéaire est à nouveau enterré par cette rencontre car « l ‘économie maritime occitane est obligée d’évoluer », et les assises veulent confirmer la « rupture » annoncée depuis Mars 2017 car l’adoption du plan Littoral 21 devra selon la région « donner un nouvel élan à l’économie marine »

Innovations, nouvelles pratiques, nouvelles technologies  « c’est le moment d’expérimenter » déclare Didier Cordoniou, vice président de la région, en charge de l’économie maritime et président du Parlement de la mer créé en 2013. Pour en savoir plus sur les orientations validées , il faut se référer aux 33 dossiers déjà labellisés pour la somme de 13M d’euros, dossiers, en principe, issus de la base. (http://inspace-institute.com/actualites/newsletter/plan-littoral-21-region-occitanie/) . Ceux qui sont financés sont potentiellement créateurs d’emplois : « projets collaboratifs, domaine spatial et météorologique en région toulousaine, centres de recherches institutionnels ; explorations et technologies sous marines dans le secteur de Montpellier »

Pour répondre à toutes les questions, la Région se dote d’un contrat territorial, et affiche une volonté politique forte. Selon Didier Cordoniou « Déjà la vision s’élargit »  Le réchauffement climatique induit une nécessaire résilience écologique. « 1Md d’euros sont dévolus au service du trait de côte. Nous travaillons à un habitat flottant. Une manière d’anticiper l’érosion et d’assurer le comment continuer à bien vivre. » Le « flottant » est ainsi une façon de réinventer le tourisme balnéaire: aqua lodges, bungalows flottants, barges-maisons, et aussi sources d’énergie…

Autre innovation : la première ferme éolienne flottante devrait voir le jour en 2021 à Port la Nouvelle : « un projet gagnant gagnant avec les pêcheurs puisque les fermes aquacoles commerciales sont attendues dans la foulée, mais qui oblige à une meilleure connaissance des fonds et de la biodiversité des espèces ». D’après le vice président, on prévoit 3000 à 4000 emplois à la clé.

Entre 2012 et 2017, tous les travaux ont porté sur un usage spatial marin.

Mais plus on approche du respect de la Directive européenne sur le bon état de la mer (2020) plus les choses deviennent complexes. Pierre Yves Andrieu, directeur de la Direction interrégionale de la Mer Méditerranée et chef d’orchestre de la planification, l’a confirmé : « l’année 2019 verra l’aboutissement de la première étape, c’est à dire la déclinaison sur le littoral de la stratégie de la mer et du littoral soit le dessin d’ une nouvelle carte indiquant les chenals pour les transports, les concessions pour les élevages et l’aquaculture, les fermes pour l’aquaculture et les ENR…. . Jusqu’à aujourd’hui la seule carte existante était celle qui avait été produite pour la sécurité de tous, avec les phares et les indications de profondeur. »

Se profile donc une nouveauté totale, une nouvelle dimension. « Pour y parvenir on tente de rester en mer, précise PY Andrieu, de ne pas s’approcher pour ne pas, en plus, ajouter la complexité des lois littorales »

En résumé, 2019 marquera la première étape,  2020 et la mise en œuvre de la Directive sur le bon état de la mer, devrait permettre la définition des objectifs, et 2021 le plan d’action. Commencera alors à s’élaborer une vision pour 2030.

Avec l’annonce de cette « rupture » qui devrait aider à la concertation et au vivre ensemble, les orateurs ont insisté sur les modalités de la conciliation entre la pêche et les nouveaux entrants, dont les fermes éoliennes off shore.

La pression est croissante sur la bande littorale, tout le monde veut y avoir accès. Or s’il est possible de cadastrer la terre, pour la mer c’est impossible.

De nombreuses interventions ont souligné l’état actuel des lagunes polluées par les bassins versants, la transformation du métier de pêcheur dont les activités autrefois étaient multiples : étang, littoral, mer. Aujourd’hui ils sont obligés de se spécialiser. La recherche n’a pas suivi. On évoque les multiples espèces qui peuplent la méditerranée mais les programmes de recherche tournent autour de trois d’entre elles : le thon, le merlu, et l’anguille. Et l’espace de pêche se restreint. Une table ronde a rappelé comment les mises en place des parcs marins ont pu être sources de conflits locaux. C’est pourquoi les efforts de concertation s’institutionnalisent, et éolien flottant et pêcheur commencent à savoir vivre ensemble. 170 M d’euros ont déjà été repartis sur 40 projets labellisés. «  Les choses ont changé. Nous avons enfin plus de recul sur l’éolien off shore, déclare Benoit Figarede , chef de projet pêche et usages d’ EDF Energies Nouvelles. Nous connaissons mieux les sources possibles de conflits entre pêcheurs et énergéticiens, cela nous aide à adapter les aménagements : laisser de la place entre les machines, installer les cables selon les passages,  laisser des corridors, abandonner des zones comme nous l’avons fait pour les zones de pêche de la coquille Saint Jacques »

Demain l’aquaculture pour nourrir

Le ministre de l’agriculture et de la pêche, Stéphane Travert, se félicitant du glissement des assises de l’Atlantique vers la Méditerranée mais oubliant de citer l’Outremer dans les atouts maritimes de la France, a tenu à insister sur le développement de l’aquaculture grâce aux pôles d‘excellence dont dispose la région : station IFREMER, CEPREMAR, universités de Montpellier, pôle mer… , rappelant que le développement de l’aquaculture est une priorité nationale.

Optimisme affiché également sur la gestion de la ressource : « le thon est revenu comme avant. Nous devons le faire savoir. Le résultat est là. En Novembre, l’ ICAT va rediscuter. Nous espérons passer d’un débat sur la restauration à un nouveau plan de gestion ». La bonne gestion des stocks halieutiques repose sur le savoir écouter les pêcheurs et les scientifiques, à condition que les pêcheurs jouent le jeu de la transparence dans la déclaration des prises « le temps du vivons caché est passé », les périodes de jachère et les calendriers valent souvent mieux que les politiques de quotas.

Une position discutable.

Le ministre, inquiet, a également soulevé la grave question du Brexit : « cela va changer le cadre de notre règlement européen. Si le 30mars 2019 La Grande Bretagne coupe les ponts sans transition, avec une rupture immédiate ce sera un grand bouleversement, car les pêcheurs anglais sont vent debout contre le maintien des avantages européens sur la pêche. »

Financements importants pour la recherche et flou dans les attributions

Malgré la question répétée de l’animateur il a été difficile de comprendre le mécanisme des appels d’offre recherche du programme MUSE (Montpellier Université Excellence) (http://muse.edu.umontpellier.fr .

Une dotation de 550M est attribuée au financement des projets d’avenir sciences du vivant et de l’environnement avec 17,5 M/an pour les projets de recherches, des projets transversaux entre chercheurs et acteurs économiques (les associations semblent évacuées) Les projets sont décidés par une mise en compétition des chercheurs les uns avec les autres sur des questions de long terme jugés par d’autres scientifique. Le but n’est pas la recherche pour la recherche mais de s’ouvrir au terrain.(vigne, ressource eau…)

Des financements publics qui devraient alimenter en priorité la transition économique liée à l’environnement et dont l’attribution reste un peu opaque.

 

Dominique Martin Ferrari

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